Une marche ‘’mouvementée’’

Reportages

Le lundi 16 septembre 2019, il a été organisé dans plusieurs villes du Burkina Faso, une marche meeting. Si dans des centres comme le Boulgou et  Ouahigouya, la marche semble s’être bien déroulée, le constat n’est pas le même à Ouagadougou. Si pour les organisateurs réunit au sein de l’AUS cette mobilisation nationale est légale, ce n’est pas la notification qu’ont reçu les forces de l’ordre de l’autorité. Retour sur la matinée de ce 16 septembre à Ouagadougou, à la Bourse du travail.

Il est 8h lorsque nous arrivons sur le lieux du rassemblement. La bourse du travail grouille déjà de monde. Les visages étaient frais et on pouvait y lire  l’optimise et l’euphorie de la marche. L’entrée de la Bourse du travail brillait aux couleurs de la révolution. On pouvait lire sur les banderoles qui l’ornaient des message tels que : « Vérité et la justice sur tous les crimes de sang… Hommage aux camarades Cissé Fahadou et Balima Hama tombés sur le champ de bataille de Yagha ». Et des slogans tel que : « la jeunesse combative, patriotique et révolutionnaire ». On pouvait lire sur les pancartes, des phrases qui rappellent l’épisode du 31 octobre 2014. Des slogans comme « Non à l’impunité…Non à la violation des libertés… Non à la corruption ».

« Une marche citoyenne et patriotique…NON autorisée »

Il est 10h04mn, le Secrétaire général, livre un message qui assure que la marche aura belle et bien lieu. Il invite au rassemblement pour le top départ. Mais avant, il rappelle que la que la marche a été organisée du début jusqu’à la fin selon les règles de l’art. Il rappelle quelques dispositions légales qui fondent la légalité de la marche. « Cette marche se veut être citoyenne patriotique, peu importe ce qui va se passer au cours de cette marche, je vous invite à la retenue », indique Bassolma Bazié aux participants. « Vous avez désignés des personnes pour vous représenter, laissez-les donc répondre à votre nom », ajoute le syndicaliste. Il est maintenant 10h30mn et les rangs sont formés sous le contrôle d’agents de sécurité. Leurs gilets de couleurs verte, orange et rouge les distinguent du reste. Organisée en plusieurs files indiennent qui s’étendent de l’église Cathédrale jusqu’à l’hôtel Amiso, la foule s’impatiente. Du goudron, on peut entendre depuis la cours de la bourse du travail l musique de l’artiste engagé, Alpha Blondy avec son tube « indépendances cha-cha ». Dans les rangs, on peut entendre les manifestant qui reprennent en tous en chœur les mots d’un leader : « Justice, justice, justice…N’abusez pas de votre pouvoir ! ».

Une intervention Des FDS qui créé la panique

Alors que la marche n’est qu’à ses premières minutes, entre la place du grand lion et la mairie centrale, Les tensions sont déjà vives entre les responsables et les forces de sécurité et de défense.  Avant même que certains ne comprennent la situation, c’est la débandade. Le sauve-qui-peut s’impose pour échapper aux bombes lacrymogène. On peut lire la peur sur les visages qui transpirent à grosses goûtes. L’air devient irrespirable, car infecté par les gaz lacrymogène qui démange et pique les narines et les yeux. Il est alors impossible à présent de voir clairement. C’est difficilement que beaucoup rejoignent la bourse du travail. On peut voir sur le goudron des chaussures et d’autres objets perdu pendant la course pour échapper au gaz. Du côté gauche du goudron, en venant du rond point des nation unies, on peut voir une moto abandonnée. Derrière nous, on entend une voix féminine crier à plusieurs reprises : « grand père ne part pas, c’est trop dangereux, reviens ». Mais « grand père » semble ne pas écouter, il veut rejoindre la bourse du travail. Certainement pour y retrouver  »ses camarades de lutte’’.

Il est bientôt 11h et la situation semble se décanter. Retour à la bourse du travail. Les visages se lavent de partout pour atténuer les effet du gaz lacrymogène.

Le taux d’adrénaline vient de monter au plus haut niveau. LesLes slogans récité en cœur raisonnent de plus belle. Le son Des vuvuzela s’accentu. Rien ne semble atteindre ces « cœurs vaillants »  qui affichent une intrépidité sans égale. Etait-ce juste des images ?? Est-ce un simple mirage,  ces visages qui  transmettent le reflet du révolutionnaire  « prêt à mourir pour ce qu’il croit légitime » ? La réponse est à l’image du « NON…NON et NON » inscrit sur plusieurs pancartes. En tous cas, pas pour ce monsieur qui lance : « Si les balles du RSP ne nous ont pas fait peur, ce ne sont pas des bombes lacrymogène qui vont nous intimider ». C’est ainsi que la police prend la « garde » devant la bourse du travail pour empêcher une éventuelle reprise de la marche.

C’est sur deux messages galvaniseurs des différents responsables que prends fin le meeting. Il est 11h30mn, le meeting prend fin et la foule se disperse. Les force de l’ordre se préparent à replier, mais  s’assurer que « c’est bien fini ». On peut entendre des participants leur lancer « Ce n’est pas de votre faute, on vous comprend, vous n’êtes que des exécutants…nous luttons pour vous et vous nous ‘’gazez », ce n’est pas bien ! ». Des paroles qui semblent laisser les FDS qui feignent de ne pas entendre dans une  indifférence totale.

Cynthia Valéa

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