Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou : Trois mois en prison pour un désir sexuel

Revue des Cours et Tribunaux

Le mardi 10 décembre 2019, devant les juges du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouagadougou, Soré S a répondu à l’accusation de voie de fait* et de menace contre Odette K, dans la nuit du 20 septembre 2017.

On est mardi 10 décembre, et les juges du TGI de Ouagadougou viennent d’appeler le premier dossier de l’après-midi : Soré S pour des faits de voie de fait et de menaces. Jeune homme, âgé d’une vingtaine d’années, il est en détention depuis déjà 03 mois à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Du récit des évènements

Face aux juges, le prévenu Soré S s’explique : « Ce jour là, j’étais chez moi ; autours de 23h, j’ai eu envie d’une femme, je suis alors sorti espérant en trouver ». Il poursuit son récit en avouant qu’après être sorti de chez lui, il s’est arrêté pour payer de l’attiéké, lorsqu’il aperçu une femme (Odette K) qui sortait d’une auberge a motocyclette. C’est ainsi, que Sore S s’est mis à la tête de suivre dame Odette, qui après plusieurs de ses interpellations ne s’est pas arrêté. « Je l’ai suivi avec insistance espérant qu’elle accepte mes avances », déclare Souleymane Soré. Ce dernier a déclaré qu’il ne voulait rien d’autre à dame Odette que son numéro. « La peur, qu’elle a eu, justifie qu’elle ait mal interprété les intentions de mon client », foi de son avocat. En effet, Soré S a poursuivit Odette K du quartier Zone 1 de Ouagadougou, à sa descente du travail, jusqu’à son domicile situé dans le quartier Saaba.

Devant sa cours, Odette K a menacé Soré S de crier au voleur. L’accusé l’a alors percuté avec sa moto, selon ses déclarations à la police, et s’est enfui lorsqu’elle a alertée ses fils avec son cri. Dans sa fuite, la victime a déclaré à la police, que Soré S l’a menacé en ces termes : « comme je connais le domicile, on verra la suite demain ». « Je l’ai alors cherché avec mon fils jusqu’à le rattraper au niveau de la station Oryx de Saaba », explique Odette K. Avec l’aide des riverains, nous l’avons conduit au commissariat, ajoute t-elle. De là, l’affaire a été porté en justice.

Des réquisitions du Procureur et de la décision du tribunal

Confirmant les propos du Procureur, Soré S avoue qu’il a pris Odette K pour une visiteuse de la chambre de passe. Une chose qui selon les juges ne se justifie pas. « Même le chien en chaleur sait s’arrêter à un moment et à rebrousser chemin », estiment t-ils. Or, c’est seulement lorsque la victime a criée, que Soré S a pris la résolution de fuir.

Pour le Procureur, ce que Soré S a posé comme acte est constitutif à de l’harcèlement. Cependant, pour absence d’éléments probants, il a requis au tribunal, la relaxe pour Soré S au bénéfice du doute.

Devant trancher sur l’affaire, les jugent du TGI ont décidé de relaxer au bénéfice du doute l’accusé Soré S. En effet, Odette K n’ayant pas répondu aux différentes convocations à comparaître, les juges ne disposaient pas d’éléments suffisants pour condamner l’accusé sur la base de la voie de fait et de menace.

*La voie de fait : il s’agit d’une violence envers une personne. Dans le cas d’espace, le fait que Soré S ait bousculé Odette constitue une violence, d’où l’accusation de voie de fait.

Cynthia Valéa
Droitinfo.bf

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