Révision du code électoral burkinabè : les députés s’interrogent sur la réelle nécessité

Débats parlementaires

Au cours d’une séance plénière, dans la matinée du jeudi 23 janvier 2020, présidée par Alassane Bala Sakandé, Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, les députés ont adopté le projet de loi modificatif de la loi n° 014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant code électoral.

C’est contre toute attente que le projet de loi modificatif du code pénal burkinabè soumis au vote du Parlement le 23 janvier 2020, a été adopté à 120 voix et 02 abstentions. « Est-ce nécessaire de poursuivre l’adoption d’un projet de loi qui pose plus de problèmes qu’il n’en trouve de solutions ? », s’était inquiété le député Michel Ouédraogo au cours du débat général au sein de l’hémicycle. « L’histoire donnera raison à un Président d’Assemblée nationale qui a anticiper pour dire que si il n’y a pas de paix, il n’y aura pas d’élections », avait lancé un autre élu. Pour celui-ci, la véritable question qui doit de poser maintenant, est celle de savoir comment permettre aux burkinabè d’exercer leur droit de vote en toute sécurité.

Pour de nombreux députés, tel que le député Kodjo Jacques Palenfo, il est inconcevable que 30 milliards de FCFA soient utilisé pour faire participer les burkinabè de l’étranger, alors l’essentiel de l’électorat se trouve au Burkina Faso. « C’est notre cupidité politique qui nous a induit en erreur », s’est offusqué le député Kodjo Jacques Palenfo. Un point de vue qu’a semblé partagé le député-maire de Dori, Aziz Diallo. « Nombreux sont les burkinabè à l’intérieur du pays qui n’ont même pas d’extrait de naissance », a-t-il lancé en effet.

A en croire les élus, jamais ils n’avaient délibéré dans un climat aussi glacial que dans la matinée du jeudi 23 janvier 2020. « Dans ma province le Sourou, c’est silence…on tue », s’est exprimé le député Diallo Mamadou très contrarié.

Dans un contexte où il existe des zones pratiquement sans un seul habitant ; où des villages sont vides, comment va se tenir une élection…comment va-t-on y présenter un candidat ? Va-t-on diminuer le nombre de sièges à l’Assemblée nationale ? se sont interrogé les élus.

Si bon nombre de députés se sont inquiété et ont semblé perplexes vis-à-vis de cette loi modificative ne disposant que de deux (02) articles, cela n’étais pas le cas du député Dieudonné Sorgho qui semble plus optimiste. « Il faut que nous ayons une attitude positive en tant que représentation nationale. Il faut donner plus d’espoir à nos populations, en nous disant que d’ici les élections, notre pays viendrait à bout du terrorisme », a-t-il lancé à ses pairs.

Cynthia Valéa

Droit Info

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *