Organisations de la société civile (OSC) au Burkina Faso : l’éveil d’un cinquième pouvoir ?

Analyses

Le 16 septembre 2019, est prévue sur toute l’étendue du territoire du Burkina Faso une « grande mobilisation ». Cette « Journée nationale de protestation et de dénonciation », est placée sous la bannière d’une quarantaine d’associations de la société civile, syndicales et d’utilité publique, « inquiètes de l’évolution de la situation nationale ». Une initiative qui selon les organisateurs, a pour but d’exiger du gouvernement la satisfaction de plusieurs droits sociaux-politiques et civils.

 « Réclamer la vérité et la justice sur tous les crimes de sang impunis ; d’exiger l’arrêt des assassinats ciblés et de masse, l’identification et le démantèlement des escadrons de la mort et des groupes terroristes, la garantie effective du droit du peuple à la sécurité et aux libertés démocratiques ; le retrait des mesures liberticides prises sous le couvert de la lutte contre le terrorisme ; le départ des bases et forces militaires étrangères notamment françaises du Burkina Faso ; l’amélioration des conditions de vie et de travail des éléments des forces de défense et de sécurité ; La prise en charge adéquate des personnes déplacées internes et la création des conditions de sécurité pour leur retour dans leurs villages et foyers ; l’amélioration des conditions de vie des populations frappées par la vie chère, les effets du couvre-feu qui freinent les activités économiques et sociales dans les zones concernées ;  le respect des engagements pris avec les syndicats, les  organisations des travailleurs et des masses populaires en général et  la lutte contre le pillage des richesses nationales (deniers publics, ressources minières, foncières et agricoles), et le jugement de tous les dossiers de crimes économiques ».  Ce sont là les droits dont la revendication motive l’appel à la mobilisation adressée par de nombreuses associations à leurs militants et sympathisants.  

Cette mobilisation du 16 septembre va constituer sans aucun doute va constituer un tournant décisif dans la vie de la société civile burkinabè au regard de son ampleur. En effet, le nombre d’associations impliquées dans l’organisation de cet évènement, leur influence, leur crédibilité et leur légitimité aux yeux des populations va contribuer à donner un caractère historique à la journée. L’initiative vient conforter la société civile dans sa position et son statut de contre-pouvoir constitutionnel et un principe directeur de l‘Etat démocratique qu’est la liberté syndicale. 

En effet, il existe au Burkina Faso de milliers d’associations. Une chose qui cause un grand émiettement de la société civile burkinabè. C’est sans doute dans cette multiplicité que réside la force et le pouvoir de la société civile au Burkina Faso. « Ce pluralisme qui apparaît comme une manifestation évidente de la liberté d’association, constitue non seulement un gage solide pour l’indépendance, l’autonomisation de la société civile, mais aussi une source de contre-pouvoir, et une garantie contre les éventuelles velléités totalitaires de l’Etat ou les dérives autoritaires du pouvoir politique ». 

« L’attention particulière dont la société civile bénéficie de la part des pouvoirs publics constitue un atout non négligeable. Depuis l’amorce du processus démocratique burkinabè, la société civile est en effet régulièrement associée aux instances consultatives ou régulatrices par le gouvernement ». Indiquaitle Pr Augustin Loada dans une étude sur les Organisations de la Société Civile (OSC) actives au Burkina Faso intitulée « La gouvernance des organisations de la société civile au Burkina Faso ».

Cynthia Valéa

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