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Bruler ou déchirer le drapeau national est une pratique qui vise à détériorer le drapeau national. Cette pratique est qualifiée d’outrage au drapeau et réprimée pénalement.

L’outrage au drapeau est le fait de détruire celui-ci, le détériorer ou l’utiliser de manière dégradante, dans un lieu public ou ouvert au public. Même commis dans un lieu privé, si l’enregistrement des images de la commission de l’acte a été diffusé.

Au Burkina Faso, l’outrage au drapeau est constitutif de délit et réprimé par les articles 351-1 et 352-2 de la loi N°025-2018/AN du 31 mai 2018 portant Code pénal. Ces dispositions prévoient une peine d’emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250 000) à un million cinq cent mille (1 500 000) francs CFA. Cependant lorsqu’il est commis en réunion, la peine est un emprisonnement de six mois à trois ans et l’amende de trois cent mille (300 000) à trois millions (3 000 000) de francs CFA. Lorsqu’il est commis dans des conditions de nature à troubler l’ordre public, la peine d’emprisonnement est de deux mois à deux ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250 000) à un million cinq cent mille (1 500 000) francs CFA.


Sans être exhaustif, constitue un délit d’outrage au drapeau le fait pour une personne, fesses nue, de s’essuyer avec le drapeau ; le fait de marcher dessus de manière volontaire avec l’intention de le détériorer ou de le salir ; le fait de déchirer le drapeau ou le bruler.


Il y a des pratiques récurrentes que nous déplorons. Le drapeau national n’est pas qu’un tissu qui flotte, délavé, souvent effiloché, dans nos rues dans nos écoles et nos universités. C’est l’âme de tout un peuple. Il est le reflet de notre histoire. On se rappelle en 2016, lors d’une manifestation d’élèves à Logobou dans l’Est du pays, le drapeau national fut déchiré.

Le drapeau national sert à s’exprimer. Il véhicule des idées et il peut également être utilisé pour représenter les valeurs de chaque individu. Celui du Burkina Faso est composé de deux bandes horizontales de largeurs égales et de couleurs rouge (en haut) et verte, avec une étoile jaune à cinq branches au centre. Le rouge rappelle la lutte du pays pour l’indépendance, le vert symbolise l’espoir et l’abondance, et le jaune représente la richesse minérale du pays.

La journée du 28 octobre 2019 était retenue comme celle du « drapeau et des symboles de l’Etat ». En conséquence, les institutions de la république ont observé une montée des couleurs.


Palé Palé (siericpal@rocketmail.com)
Droitinfo.bf

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Le 16 septembre 2019, est prévue sur toute l’étendue du territoire du Burkina Faso une « grande mobilisation ». Cette « Journée nationale de protestation et de dénonciation », est placée sous la bannière d’une quarantaine d’associations de la société civile, syndicales et d’utilité publique, « inquiètes de l’évolution de la situation nationale ». Une initiative qui selon les organisateurs, a pour but d’exiger du gouvernement la satisfaction de plusieurs droits sociaux-politiques et civils.

 « Réclamer la vérité et la justice sur tous les crimes de sang impunis ; d’exiger l’arrêt des assassinats ciblés et de masse, l’identification et le démantèlement des escadrons de la mort et des groupes terroristes, la garantie effective du droit du peuple à la sécurité et aux libertés démocratiques ; le retrait des mesures liberticides prises sous le couvert de la lutte contre le terrorisme ; le départ des bases et forces militaires étrangères notamment françaises du Burkina Faso ; l’amélioration des conditions de vie et de travail des éléments des forces de défense et de sécurité ; La prise en charge adéquate des personnes déplacées internes et la création des conditions de sécurité pour leur retour dans leurs villages et foyers ; l’amélioration des conditions de vie des populations frappées par la vie chère, les effets du couvre-feu qui freinent les activités économiques et sociales dans les zones concernées ;  le respect des engagements pris avec les syndicats, les  organisations des travailleurs et des masses populaires en général et  la lutte contre le pillage des richesses nationales (deniers publics, ressources minières, foncières et agricoles), et le jugement de tous les dossiers de crimes économiques ».  Ce sont là les droits dont la revendication motive l’appel à la mobilisation adressée par de nombreuses associations à leurs militants et sympathisants.  

Cette mobilisation du 16 septembre va constituer sans aucun doute va constituer un tournant décisif dans la vie de la société civile burkinabè au regard de son ampleur. En effet, le nombre d’associations impliquées dans l’organisation de cet évènement, leur influence, leur crédibilité et leur légitimité aux yeux des populations va contribuer à donner un caractère historique à la journée. L’initiative vient conforter la société civile dans sa position et son statut de contre-pouvoir constitutionnel et un principe directeur de l‘Etat démocratique qu’est la liberté syndicale. 

En effet, il existe au Burkina Faso de milliers d’associations. Une chose qui cause un grand émiettement de la société civile burkinabè. C’est sans doute dans cette multiplicité que réside la force et le pouvoir de la société civile au Burkina Faso. « Ce pluralisme qui apparaît comme une manifestation évidente de la liberté d’association, constitue non seulement un gage solide pour l’indépendance, l’autonomisation de la société civile, mais aussi une source de contre-pouvoir, et une garantie contre les éventuelles velléités totalitaires de l’Etat ou les dérives autoritaires du pouvoir politique ». 

« L’attention particulière dont la société civile bénéficie de la part des pouvoirs publics constitue un atout non négligeable. Depuis l’amorce du processus démocratique burkinabè, la société civile est en effet régulièrement associée aux instances consultatives ou régulatrices par le gouvernement ». Indiquaitle Pr Augustin Loada dans une étude sur les Organisations de la Société Civile (OSC) actives au Burkina Faso intitulée « La gouvernance des organisations de la société civile au Burkina Faso ».

Cynthia Valéa