Attaque de Barga :« des koglwéogos ont encerclé et massacré des populations civiles des villages de Dinguela, Barga et Ramdolah », Daouda Diallo.

Actualité nationale

Le Samedi 14 mars 2020, le Bureau exécutif du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) par la voix de son Secrétaire Général Daouda Diallo, en présence des associations Membres et des personnes ressources et sympathisants a livré son point de vue sur l’attaque de Barga à la presse.


Dans son discours Daouda Diallo, SG du CISC affirme que le 08 mars 2020, comme une trainée de poudre, des informations sur des massacres de populations Peuls dans la commune de Barga se sont succédés sur les réseaux sociaux. Ce, au moment où certaines autorités semblaient plus préoccupées par qui sortira la meilleure phase de danse à leur djandjoba de 8 Mars 2020. Suite à ces informations, le CISC a ainsi rapidement dépêché des équipes sur le terrain pour avoir la situation réelle et collecter des éléments de preuve avant qu’ils ne disparaissent. A-t-il déclaré.

Il rappelle que l’année 2019 débutait avec le plus grand massacre communautaire jamais vécu au Burkina, dont celui de Yirgou qui a indigné tous les burkinabé les naissants dans la consternation totale. Ainsi naissait le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés dont l’objectif était de demander justice pour les victimes, la prises en charges des rescapés et travailler à prévenir ‘’un autre Yirgou’’.
Pendant que justice est toujours attendue pour les 216 morts, plusieurs autres (Yirgou) massacres et exécutions sommaires se sont succédé dans plusieurs parties du Burkina où la violence d’Etat a pris de l’ampleur avec les exécutions sommaires et extrajudiciaires commises par certains éléments des FDS, les milices koglwéogos et plus récemment par les volontaires colporteurs de la violence. A-t-il décrié.

Le dernier Yirgou en date est celui de Barga, estime le SG du SISC. En effet, Il explique que dans la matinée du 08 mars 2020, des koglwéogos (encore eux, a-t-il précisé) ont encerclé et massacré des populations civiles des villages de Dinguela, Barga et Ramdolah. Une cinquantaine de personnes toutes des hommes, de sexe masculin, sont exécutés par cette horde de criminels. Estimés à plus d’une centaine de personnes, cette fois-ci, ils étaient accompagnés par des volontaires (la plupart étant des koglwéogos les plus sanguinaires), selon les témoins. A-t-il ajouté.

« Selon une délégation gouvernementale composée des trois ministres : ministre de la sécurité Ousséni Compaoré, celui de l’administration territoriale Siméon Sawadogo et celui de la défense Shérif Sy s’est rendu sur le lieu du drame. A leur retour, en lieu et place des faits, c’est un communiqué mensonger qui a été servi au peuple burkinabè. S’indigne-t-il. Ledit communiqué signé du porte-parole du gouvernement, Rémi Dandjinou attribue les massacres aux HANI. ». Déclare le CISC. En effet, l’organisation estime que, les populations sont formelles, il s’agit bel et bien des koglwéogos de la commune de Titao. En plus de son caractère mensonger, ce communiqué fait du gouvernement un potentiel complice dans cette tentative de nettoyage ethnique, poursuit le CISC.

Il fait remarquer qu’après le passage des criminels, les villages n’étaient que ruine car ayant été totalement détruits et brûlés avec des motos emportées ou brûlées, des maisons incendiées. La plupart des populations ont migré vers Ouahigouya. Un camp de déplacés est en train d’être érigé à Ouahigouya, mais jusque-là, les populations victimes errent dans les alentours de la ville et certains sont encore dans la brousse.

Des perspectives

Concernant les blessés, huit avaient été transférés au CHR de Ouahigouya dont un est décédé le mardi 10 mars. Agé de 17 ans, il était un handicapé mais a reçu des balles sur ses quatre membres. Le CISC a réussi à évacuer un blessé de 15 ans qui est pris en charge actuellement. Ajoute Daouda Diallo.

La perspective selon le Collectif est de voir comment assister les blessés et panser les plaies sociales béantes des rescapés. La situation est plus que préoccupante. Car, si un conflit à caractère ethnique devait démarrer, c’est extrêmement grave pour notre pays. D’où la nécessité d’une réaction forte à la hauteur de la fracture sociale pour pouvoir apaiser les populations victimes. Il Collectif ajoute qu’il est également urgent et nécessaire d’impliquer les chefs coutumiers mossis et peuls ainsi que les chefs religieux et toutes les personnes ressources pour prévenir notre pays du chaos.

Le SG a terminé en lançant un appel aux différentes couches de prendre position pour sauver la république. Car Selon lui, il se n’agit ni plus ni moins que de « crimes contre l’humanité » depuis les évènements de Yirgou. Tous les auteurs, les commanditaires et même les alliés du Burkina Faso qui n’ont pas dénoncé ces crimes pourraient être tenu pour complice et pourquoi pas poursuivis un jour par la justice nationale et internationale.

Si les koglwéogos et les VDP sont des HANI, alors le gouvernement admet devant la communauté nationale et internationale qu’il contribue lui-même à la déstabilisation du pays et donc il est responsable de la situation actuelle et doit tirer toutes les conséquences. A conclu le Secrétaire Général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés Daouda Diallo.


Daouda Sory
Droitinfo.bf

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